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Lundi, 24 janvier 2011
L’hippocampe entier révèle ses secrets

Theta-waveIl arrive parfois que des découvertes scientifiques importantes ne soient pas tant le fruit d’une expérience particulière, mais du long travail préalable pour mettre au point le protocole expérimental. C’est le cas d’une étude de Sylvain Williams publiée en novembre 2009 dans Nature Neuroscience. Pendant des années, Williams et ses collaborateurs ont raffiné une technique permettant d’enregistrer l’activité neuronale dans un hippocampe entier de rat conservé in vitro.

C’est que la technique classique, celle où l’on enregistre l’activité des neurones dans une mince tranche d’hippocampe, est beaucoup plus accessible. Mais elle détruit inévitablement énormément de circuits internes à l’hippocampe, tous les axones qui voyagent perpendiculairement à la tranche, par exemple.

Par étonnant que dès les premiers enregistrements dans l’hippocampe entier, l’équipe de Williams a brisé un dogme vieux de plusieurs décennies : le rythme Thêta, rythme majeur de décharge des neurones de l’hippocampe, ne provient pas nécessairement d’une région extérieure (le septum) comme on l’avait toujours cru, mais peut provenir de l’hippocampe lui-même !

Voilà ce que des centaines d’études avec des tranches d’hippocampes n’avaient pas pu observer et qui a été démontré clairement dans cette expérience. Quand on sait l’importance primordiale des rythmes Thêta pour l’apprentissage et la mémoire, savoir que ce rythme peut émerger de manière endogène dans l’hippocampe, et même spécifiquement dans sa sous-région CA1 comme l’étude a pu le montrer, soulève d’intéressantes questions pour l’avenir. Par exemple, celle du type d’interneurones de la région CA1 impliqués dans la génération des rythmes, ou comment se fait l’intégration des autres rythmes observés dans le cortex, comme le rythme Gamma.

i_lien Une équipe de chercheurs du Douglas redéfinit le rôle d’une région du cerveau active dans l’organisation de la mémoire
a_exp Hippocampal theta rhythms follow the beat of their own drum + Self-generated theta oscillations in the hippocampus

Au coeur de la mémoire | 1 commentaire


Un commentaire à “L’hippocampe entier révèle ses secrets”

  1. [...] Mais un peu comme l’évolution produit une lente dérive qui, imperceptiblement, complexifie les organismes, le blogue a subi un glissement vers des billets de plus en plus… complexes ! En effet, les premiers billets comme La méditation peut diminuer le stress et augmenter l’attention ou Jouer aux échecs à l’école améliore l’apprentissage étaient brefs et se contentaient de donner l’idée générale d’une étude récente digne d’intérêt. Puis, la science étant rarement simple, plusieurs paragraphes étaient parfois nécessaires pour en donner un aperçu honnête, comme dans le cas de Moins de cellules gliales qu’on le prétend ?  ou de L’hippocampe entier révèle ses secrets.  [...]

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