Le cerveau à tous les niveaux est financé par l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies (INSMT), l'un des 13 instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

L'INSMT appuie la recherche dans différents domaines afin de réduire l'incidence des maladies du cerveau. L'INSMT fait ainsi progresser notre compréhension des systèmes sensoriels, moteurs, affectifs et cognitifs, bref de tous les aspects de la pensée humaine.

Contribuant à de nombreuses initiatives internationales, l'INSMT vise plus particulièrement à améliorer la qualité de vie de tous les Canadiens en appliquant ces nouvelles connaissances et en les diffusant le plus largement possible.

C'est dans cet esprit que le directeur de l'INSMT s'associe à la démarche multi-niveaux de ce site permettant d'expliquer sans les réduire les phénomènes biologiques et socioculturels derrière nos processus mentaux.


Lundi, 14 mai 2012
Rythmes cérébraux : osciller pour mieux lier

La plupart de nos neurones émettent des influx nerveux selon un certain rythme. La fréquence de ces oscillations peut varier de quelques potentiels d’action par seconde à plusieurs centaines de Hertz. L’activité cérébrale chaotique révélée par l’électroencéphalogramme (ou EEG) réflète la sommation de ces rythmes chez les milliards de neurones de notre cerveau.

Or il fut un temps, pas si lointain dans l’histoire des neurosciences, où le caractère chaotique de l’ensemble de ces oscillations, associé à du bruit de fond, était peu considéré, voire ramené à un épiphénomène sans importance. Cette époque est toutefois bien révolue. En effet, la dimension temporelle de l’activité cérébrale qui se traduit par ces rythmes cérébraux est maintenant au cœur des travaux dans des champs de recherche complexes comme le sommeil ou la conscience.

On vous propose donc cette semaine deux longues et fascinantes entrevues avec des pionniers de ces recherches en neuroscience.

Le premier, Rodolfo Llinás, a beaucoup travaillé sur le rôle des rythmes neuronaux que l’on observe entre le thalamus et le cortex dans l’émergence dela conscience. Il rappelle entre autres dans l’entrevue l’importance des oscillations neuronales pour synchroniser différentes propriétés d’une perception, propriétés (par exemple, la taille, la couleur, le mouvement…) qui activent souvent des régions distinctes et distantes dans le cerveau. Faire feu ensemble, selon un certain rythme, permettrait alors à ces neurones de se reconnaître et de résoudre ce qu’on appelle en anglais le « binding problem ».

Le second, György Buzsáki, nous rappelle que les phénomènes cycliques comme les oscillations neuronales sont omniprésents dansla nature. Il suffit que deux forces s’opposent pour que le calme plat soit rapidement remplacé par un rythme. Et notre cerveau regorge de forces qui s’opposent, à commencer par les ions sodium et potassion qui, en traversant la membrane cellulaire en direction opposée, génèrent les potentiels d’action. Ou encore aux nombreux neurones inhibiteurs qui, insérés parmis des neurones excitateurs, peuvent ponctuer l’émission d’influx nerveux de ceux-ci de silences, créant ainsi un phénomène rythmique.

Voilà donc une façon très économe pour le cerveau de favoriser de la synchronisation d’activité neuronale, une phénomène d’une grande importance pour de nombreux processus cognitifs complexes comme la mémoire, rappelle Buzsáki. Car lorsque deux populations de neurones oscillent au même rythme, il devient beaucoup plus facile pour elles de synchroniser un grand nombre d’influx nerveux en adoptant simplement la même phase dans leur oscillation. Du coup, ce sont des assemblées de neurones entières qui se reconnaissent et se parlent, et peut-être alors une perception consciente qui jaillit

i_lien The Electric Brain :  an interview with neuroscientist Rodolfo Llinás
a_lien Brain Science Podcast #31:  Brain Rhythms with György Buzsáki
a_lien Transcript of an interview of György Buzsáki about his book, Rhythms of the Brain (BSP #31)

Du simple au complexe, L'émergence de la conscience | Pas de commentaires


Lundi, 7 mai 2012
Pourquoi on ne peut avoir qu’environ 150 vrais amis

Vous êtes fiers de vos 500 ou même 1000 ami(e)s Facebook ? Désolé de vous l’apprendre, mais vous en avez probablement beaucoup moins s’il faut en croire Robin Dunbar, professeur d’anthropologie évolutive à l’Université d’Oxford en Angleterre. Aussi peu que 150, en fait. C’est le fameux « nombre de Dunbar », une limite d’environ 150 personnes au-delà de laquelle on ne pourrait entretenir de véritables relations d’amitié. (Lire la suite…)

Le bricolage de l'évolution | 2 commentaires »


Lundi, 30 avril 2012
Se repérer sur le cortex grâce aux aires de Brodmann

Korbinian Brodmann, neurologue allemand né en 1868 et mort en 1918,  fait partie de ces explorateurs qui, tels des Marco Polodu cerveau, ont tenté de cartographier le continent cérébral. Il est célèbre pour avoir subdivisé le cortex cérébral en 52 régions distinctes en fonction de ce qu’on appelle leurs caractéristiques cytoarchitectoniques. De quoi s’agit-il ? Simplement de la façon dont sont organisés les différents types de neurones qui forment la surface plissée du cerveau que l’on appelle le cortex.  (Lire la suite…)

Du simple au complexe | Pas de commentaires


Lundi, 23 avril 2012
Un podcast mensuel sur les sciences cognitives

Vous adorez les entrevues de fond avec des scientifiques de renoms dans le vaste domaine des sciences cognitives ? L’idée de passer une heure avec la philosophe Patricia Churchland, le neurobiologiste Christof Koch ou le spécialiste des neurosciences affectives Jaak Panksepp ne vous déplaît pas trop ? Alors allez faire un tour sur le site web de Brain Science Podcast ! (Lire la suite…)

De la pensée au langage | 2 commentaires »


Lundi, 16 avril 2012
Le piège du « centre » d’une fonction cognitive dans le cerveau

C’est devenu monnaie courante de lire dans les grands médias qu’on a découvert, grâce aux appareils d’imagerie cérébrale, le « centre » de la colère, de la jalousie, de la générosité ou de toute autre émotion ou fonction cognitive particulière. Or il s’agit, au mieux, d’une simplification à outrance. Et au pire, carrément d’une fausseté.  

C’est la position défendue en février dernier le Dr. William A. Cunningham dans la revue de l’Association for Psychological Science. Son article déconstruit une vision très restrictive d’une région du cerveau que l’on appelle l’amygdale et qui est souvent associée dans la presse populaire au « centre de la peur ». (Lire la suite…)

Que d'émotions! | 1 commentaire